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Renouvellement hypothécaire: ce que votre banque ne vous dira pas

Chaque semaine, le chro­ni­queur éco­no­mique Pierre-Olivier Zappa répond aux ques­tions tou­chant la consom­ma­tion et les finances per­son­nelles.

QUESTION

« Notre hypothèque vient à échéance à l’automne 2026 et on regarde nos options. Qu’est-ce qui a changé dans le monde des hypothèques ? J’ai l’impression que plus rien ne fonctionne comme quand on a acheté il y a cinq ans. » – Marc-André Fortin

RÉPONSE

Marc-André, le marché hypothécaire s’est transformé comme jamais ces derniers mois. Voici les cinq changements qui vont toucher directement votre portefeuille.

1. Le boom des hypothèques non assurées

Il fut un temps où une forte proportion des propriétaires assurait leur hypothèque. Des institutions comme la SCHL offre une garantie lorsque votre mise de fonds est inférieure à 20 %. Cette époque est révolue ! Le marché des hypothèques non assurées dépasse maintenant 1 000 milliards de dollars au Canada. Ça représente la majorité des prêts résidentiels. Qu’est-ce que ça veut dire ? Si un emprunteur fait défaut, ce sont les banques qui encaissent toute la perte. Ça veut aussi dire qu’elles examineront votre dossier à la loupe.

2. Le taux variable en vogue

Les emprunteurs à taux variable restent traumatisés par la pandémie ! Passer de 1,5 % à 5 % en quelques mois, ouch ! Mais le taux variable revient à la mode. Il représentait 40 % des demandes en mai dernier, presque le double par rapport à janvier. C’est facile à comprendre. Les taux fixes sont remontés au-dessus de 4 %, pendant que les taux variables se négocient autour de 3,50 %. Les emprunteurs recommencent à prendre plus de risques pour payer moins cher !

3. Les renouvellements frappent fort

Plusieurs propriétaires ne sont plus capables de joindre les deux bouts. Dans la région de Toronto, 10 % d’entre eux ne pourront pas se refinancer en 2027, prévient la Banque du Canada. Ces propriétaires sont prisonniers de leur banque qui n’a plus aucune raison de leur offrir un bon taux. Toronto est le plus gros marché immobilier du pays, et les conséquences économiques pourraient être majeures.

4. Une retraite hypothéquée

Nos parents arrêtaient de payer leur maison à 55 ans. Plus maintenant ! Les soldes hypothécaires des 55 à 64 ans ont bondi de 6 % en 2025. Près d’un Canadien sur deux ne croit plus que la valeur de sa maison suffira à financer sa retraite. Le mythe du « ma maison, c’est mon fonds de pension » est en train de mourir.

5. L’hypothèque inversée explose

Conséquence directe du point précédent : l’hypothèque inversée est de plus en plus populaire. Ça représente maintenant 11 milliards $ au pays. Le principe est simple : votre maison vous paie. La banque vous avance de l’argent chaque mois, et elle se rembourse quand vous vendez ou décédez. C’est de l’argent facile aujourd’hui… payé avec l’héritage de demain.

Que faire, Marc-André ?

Ne retenez pas votre souffle en attendant des baisses de taux ! Mon conseil ? Ne signez jamais la première offre de renouvellement de votre banque. Magasinez, faites jouer la concurrence, consultez un courtier… Dans ce marché-là, quelques appels et quelques clics peuvent valoir des milliers de dollars.

 

Article tiré du Journal de montréal

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